Incendies en Gironde : Génération Écologie interpelle Sébastien Lecornu

À l’occasion de la venue en Gironde du Premier ministre Sébastien Lecornu, lundi 17 août, consacrée à la reconstruction des territoires dévastés par les incendies, Génération Écologie Gironde attend des réponses précises et surtout des engagements à la hauteur de la catastrophe que vient de subir notre territoire.

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Plus de 42 000 hectares parcourus par les flammes, 240 habitations détruites, 220 000 personnes évacuées :
la Gironde vient de connaître une catastrophe d’une ampleur historique.

Derrière ces chiffres, il y a des enfants, des femmes et des hommes qui ont tout perdu ou dont la vie a été
profondément bouleversée. Il y a des communes durement touchées, des sylviculteurs qui ont vu disparaître
en quelques heures le travail de plusieurs décennies, toute une filière forestière fragilisée. Il y a aussi des
milliers d’animaux sauvages morts ou privés de leur habitat et des écosystèmes qui mettront des années à se
reconstruire.

Et puis il y a les sapeurs-pompiers, professionnels et volontaires, qui ont combattu ces incendies pendant des
jours et des nuits, parfois au péril de leur santé et de leur vie.

Après les terribles incendies de 2022, des moyens supplémentaires avaient été annoncés. Quatre ans plus
tard, les pompiers nous disent encore leurs difficultés : manque d’effectifs, matériels insuffisants ou
vieillissants, équipements de protection qui ne sont pas toujours adaptés. Nous attendons donc du Premier
ministre qu’il nous dise clairement quels moyens humains, terrestres et aériens supplémentaires seront
réellement disponibles avant l’été prochain.

Car nous ne pouvons plus continuer à affronter les incendies d’aujourd’hui avec des moyens pensés pour le
climat d’hier.

Il faut également penser à toutes celles et ceux qui ont perdu leur maison, leurs biens, leur activité
professionnelle ou simplement le cadre de vie qui était le leur. Une fois l’urgence passée et les caméras
parties, commence souvent un parcours long et compliqué entre assurances, démarches administratives et
reconstruction. Quel accompagnement l’État va-t-il mettre en place dans la durée pour ces familles ?
La question se pose aussi pour les nombreux sylviculteurs et sylvicultrices qui ont vu s’envoler plusieurs
années de travail dans ce brasier hors normes – ces mega-feux. Quelles aides vont leur être proposées ?
Dans quels délais ? Et comment éviter que la chute de la valeur des bois incendiés ne vienne ajouter une
catastrophe économique à la catastrophe écologique ?

Mais nous devons aussi nous interroger sur la forêt que nous voulons reconstruire.

Replanter ne peut pas simplement vouloir dire refaire exactement ce qui existait avant. Le changement
climatique est là. Les sécheresses sont plus longues, les canicules plus intenses et le risque d’incendie
augmente. Nous devons réfléchir collectivement à une forêt plus résiliente, plus diversifiée et mieux adaptée
au climat de demain, avec les sylviculteurs, les scientifiques, les collectivités et les associations
environnementales.

La biodiversité ne doit pas non plus être oubliée.

La forêt n’est pas seulement une ressource économique. C’est un milieu vivant. Des milliers d’animaux ont
péri dans les flammes ou les fumées. D’autres ont survécu mais ont perdu leur habitat, leurs ressources
alimentaires ou leurs points d’eau.

Génération Écologie Gironde demande que la protection de la biodiversité fasse pleinement partie de la
reconstruction. Les centres de soins de la faune sauvage et les associations qui recueillent et soignent les
animaux doivent eux aussi être soutenus. Nous demandons également qu’un véritable plan de protection des
animaux, domestiques comme sauvages, soit enfin intégré aux dispositifs de prévention et de gestion des
catastrophes naturelles et climatiques.

Les collectivités ne doivent pas non plus être oubliées. Elles ont été en première ligne pendant les incendies
et elles le resteront pendant des mois, voire des années.

Les communes et intercommunalités vont devoir financer des dépenses d’urgence, sécuriser les secteurs
incendiés, réparer des routes et des équipements, accompagner les habitants, restaurer les espaces naturels
et investir davantage dans la prévention.

Elles ne peuvent pas assumer seules toutes ces dépenses.

Génération Écologie Gironde demande donc la création d’un fonds exceptionnel pour accompagner les
collectivités sinistrées, avec des procédures simples et rapides. L’État doit également les aider à financer les
investissements nécessaires pour prévenir les prochains incendies et adapter leurs territoires au changement
climatique.

Enfin, nous devons tirer les leçons de ce qui vient de se passer.

Les mégafeux, les sécheresses et les canicules que nous connaissons ne peuvent plus être considérés
comme des événements exceptionnels. Le changement climatique est là et ses conséquences sont
désormais visibles dans nos territoires et dans nos vies.

Reconstruire, oui. Mais pas à l’identique.

La venue de Sébastien Lecornu en Gironde ne doit donc pas seulement être l’occasion d’annoncer des aides
pour réparer les dégâts. Nous attendons des décisions concrètes : des moyens supplémentaires pour les
pompiers, un accompagnement des habitants et des collectivités, un soutien aux sylviculteurs, une réflexion
sur l’avenir de notre forêt et une véritable prise en compte de la biodiversité.
Nous attendons des engagements précis, des moyens et un calendrier.
Parce qu’après l’urgence des flammes, il faut maintenant éviter de reconstruire les conditions de la prochaine
catastrophe.

Les militantes et militants de Génération Écologie Gironde