Journée mondiale des abeilles : sauvons les pollinisateurs !

Vive les abeilles et pollinisateurs sauvages ! Elles et ils pollinisent 75 % de nos cultures, maintiennent nos écosystèmes en vie, et disparaissent en silence. Certains voudraient encore accélérer le processus. La loi Duplomb 2 menace de réhabiliter les néonicotinoïdes, ces poisons neurologiques dont la science a établi la dangerosité. En cette journée mondiale des abeilles, Génération Écologie rappelle que la nature n'attend pas les arbitrages parlementaires !

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Chaque bouchée de fruit, chaque graine qui germe, chaque fleur qui éclot doit souvent son existence à une petite ouvrière ailée. Les abeilles et les pollinisateurs sauvages assurent la reproduction de près de 75 % des plantes à fleurs cultivées dans le monde. Sans elles, des pans entiers de notre agriculture s’effondreraient. Les pollinisateurs maintiennent la biodiversité des écosystèmes sauvages, forêts, prairies, zones humides, en garantissant la reproduction de plantes qui nourrissent des milliers d’autres espèces.

Mais les populations d’abeilles domestiques et sauvages s’effondrent en silence sous l’effet des pesticides. L’interdiction des néonicotinoïdes en France, votée en 2016 et applicable depuis 2018, a été conquise de haute lutte ! Par deux fois, nous avons fait échec à leur réautorisation. Après la loi Duplomb 1, censurée par le Conseil constitutionnel sur l’autorisation de l’acétamipride, le Sénat veut revenir à la charge avec la loi Duplomb 2. Pire, le paquet omnibus européen envisage d’autoriser les pesticides ad vitam æternam. La décision “Justice pour le vivant”, qui oblige l’État à remettre à jour toutes les autorisations de mise sur le marché de pesticides déjà délivrées au regard des dernières connaissances scientifiques, est ignorée. Quant aux protocoles d’évaluation de l’Anses et de l’EFSA, ils ne prennent pas en compte la toxicité sublétale et les effets pour les abeilles sauvages. À ces pressions chimiques s’ajoute la pression du frelon asiatique, espèce invasive face à laquelle le plan du gouvernement reste flou et très insuffisant, alors que la prévention et le piégeage doivent être menés tambour battant de façon structurée dans les territoires.

Protéger les abeilles est une question de sécurité alimentaire. Cela exige de mettre en cohérence ambition écologique, réalité des champs et décisions législatives. Les leviers existent : agriculture biologique, jachères fleuries, interdiction des pesticides dangereux, soutien à l’agriculture biologique pour une agriculture qui travaille avec le vivant et non contre lui. En cette journée mondiale des abeilles, il y urgence à agir pour protéger durablement les pollinisateurs.