Quel avenir pour l’agropastoralisme ?

2026 est l'année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux. La transhumance est au cœur des enjeux écologiques, climatiques et territoriaux. Génération Écologie Bouches-du-Rhône prend position et appelle les pouvoirs publics à soutenir le pastoralisme.

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2026 a été déclarée Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux par les Nations Unies. Un colloque international sur la transhumance a eu lieu à Marseille au mois d’avril 2026. Cette rencontre annuelle a été l’occasion de faire un point d’avancement du Plan de sauvegarde et de valorisation du patrimoine culturel immatériel de l’humanité inscrit à l’inventaire par l’UNESCO en 2023.
 
Cette reconnaissance de la pratique de la transhumance remet en lumière les techniques et savoirs-faire, les acteurs, les spécificités territoriales, la richesse et les enjeux liés à la transhumance en France et dans le monde.
 
Outre les impacts du changement climatique, les pratiques pastorales sont fortement dépendantes des politiques publiques régionales et européennes.
 
En apportant les réponses juridiques qui privilégient la médiation, en favorisant la transmission des savoir-faire et en soutenant financièrement l’équipement des espaces naturels pour permettre le maintien de la vie pastorale, comme les points d’eau, les clôtures, la prévention incendie, ou encore la vigilance face aux prédateurs, le découpage administratif des espaces naturels ne doit pas conduire à restreindre l’usage partagé entre les propriétaires privés ou publics, les éleveurs et les bergers et doit favoriser au contraire le multi-usage.
 
Une prise en compte des besoins spécifiques à chaque usage est primordiale pour éviter les pollutions involontaires et les infractions intentionnelles, touchant les sols, les ressources en eau et les végétaux. Un engagement réciproque des différents acteurs, forestiers, propriétaires, bergers, viticulteurs, dans des modes de gestion partagés permet de concilier les enjeux de ces écosystèmes.
 
De plus, l’agro-pastoralisme doit être fortement encouragé au titre de son action prouvée dans la défense des forêts contre le risque incendie (DFCI), en zones rurales, périurbaines et urbaines. Nous sommes d’accord avec la proposition d’étendre la DFCI à l’échelle européenne. Un droit à l’expérimentation est souhaitable. Comme dans plusieurs communes, où le choix s’est porté sur l’éco-pâturage pour l’entretien des espaces verts rendu difficile avec les moyens classiques. C’est notamment le cas de l’association Germ’, spécialisée dans la renaturation en milieu urbain, qui recourt au pastoralisme pour entretenir de façon écologique les friches urbaines naturelles (FUN) de la commune de Marseille [1].
 
Génération Écologie Bouches-du-Rhône souhaite agir en faveur de l’agro-pastoralisme et alerte les pouvoirs publics sur l’urgence à soutenir les organismes et associations qui contribuent à son développement. Ils sont indispensables pour l’avenir de ce secteur, qui défie les conséquences du dérèglement climatique et contribue au bien-être de tous.
 
Florence Camaret (adhérente Génération Écologie des Bouches-du-Rhône)
Sébastien Felix (adhérent Génération Écologie du Vaucluse)
 
En savoir plus sur 
Génération Écologie
la Maison de la Transhumance
les Conservatoires d’Espaces Naturels


[1] https://www.centrale-mediterranee.fr/fr/actualite/eco-paturage-en-plein-campus-de-marseille