Avez-vous entendu parler du rapport Copernicus ?

L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. C’est un des enseignements du rapport européen sur l'état du climat 2025, publié par le service Copernicus de l'Union européenne et l'Organisation météorologique mondiale. Il devrait faire la une de l’actualité ! Le bilan des impacts du changement climatique pour nos territoires, nos mers, nos glaciers, nos forêts est éloquent. Génération Écologie appelle à en tirer toutes les conséquences politiques.

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Chaque année, le rapport européen sur l’état du climat (European State of the Climate, ESOTC) dresse un bilan rigoureux de ce que vivent nos territoires, nos mers, nos glaciers, nos forêts. Celui de 2025, publié fin avril 2026 par le service Copernicus de l’Union européenne et l’Organisation météorologique mondiale, mobilise près de cent scientifiques et 45 jeux de données indépendants. Il confirme, chiffres à l’appui, qu’il est temps que la politique soit à la hauteur de la science.

L’Europe est aujourd’hui le continent qui se réchauffe le plus rapidement : le rythme du réchauffement y est environ deux fois supérieur à la moyenne mondiale. Depuis l’ère préindustrielle, notre continent a déjà subi une hausse moyenne des températures de +2,5 °C. En 2025, plus de 95 % du territoire européen a connu des températures annuelles supérieures à la normale.

Les conséquences sont désormais visibles partout. En juillet 2025, l’Europe a subi sa deuxième canicule la plus sévère jamais enregistrée, durant 25 jours. Les incendies de forêt ont atteint des niveaux exceptionnels en Espagne, au Portugal, en France, en Grèce, à Chypre ou encore au Royaume-Uni.

Le rapport souligne également l’interdépendance entre crise climatique et effondrement de la biodiversité. Le changement climatique accélère la destruction des écosystèmes, tandis que le déclin du vivant réduit à son tour la capacité de la planète à absorber le carbone. Certains milieux naturels basculent déjà de puits de carbone à sources d’émissions. Les tourbières européennes, essentielles pour le stockage du carbone et la régulation de l’eau, figurent parmi les écosystèmes les plus menacés.

L’eau devient elle aussi un marqueur majeur du dérèglement climatique. Tous les glaciers européens ont perdu de la masse en 2025. En mars, la superficie enneigée était inférieure d’environ 1,32 million de km² à la moyenne, soit l’équivalent de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Autriche réunies. L’année 2025 figure également parmi les trois années les plus sèches depuis 1992 pour l’humidité des sols, tandis que les débits des rivières sont inférieurs à la normale dans 70 % des cours d’eau européens.

Face à cette réalité, Génération Écologie propose un changement de logiciel politique.

Le rapport Copernicus le montre : nos infrastructures, nos territoires et nos populations ne sont plus confrontés à des risques marginaux, mais à des chocs répétés, intenses et simultanés : canicules, sécheresses, incendies, inondations. L’État doit se transformer pour anticiper ces chocs, protéger les populations et organiser la résilience des territoires.

Nous proposons de faire de l’adaptation climatique une priorité budgétaire nationale : isolation thermique des logements, végétalisation des villes, gestion sobre et partagée de l’eau, prévention des incendies, soutien à une agriculture résiliente et relocalisation de certaines productions essentielles.

Le rapport rappelle également que les concentrations de CO₂ et de méthane atteignent des niveaux inédits depuis au moins 2 millions d’années. Nous saluons les progrès des énergies renouvelables en Europe : elles représentent désormais 46 % de la production électrique européenne, tandis que le solaire a atteint un record historique avec 12,5 % de l’électricité produite grâce à 65 GW de capacités supplémentaires installées dans l’Union européenne en 2025. Mais cette transition énergétique ne suffira pas si elle s’inscrit dans un modèle économique fondé sur la surexploitation des ressources, l’accumulation sans limites et l’augmentation continue des consommations matérielles. Nous défendons une réduction planifiée et juste de nos empreintes matérielles et énergétiques.

Le rapport dresse également un bilan contrasté de la Stratégie européenne pour la biodiversité 2030. Environ la moitié des actions prévues sont engagées ou achevées. Mais l’Europe reste en retard sur plusieurs objectifs majeurs : recul des pollinisateurs, déclin des oiseaux communs, insuffisance des aires protégées, manque de données permettant encore d’évaluer certains engagements.

Pourtant, des résultats existent lorsque la volonté politique et les moyens suivent : restauration de tourbières en Irlande et aux Pays-Bas, réintroduction du lynx en Slovénie, en Italie et en Croatie, réintroduction de bisons et de castors en Roumanie, restauration de rivières au Danemark, conservation d’herbiers marins en Espagne ou développement d’aires marines protégées en Irlande. Lorsque les États agissent réellement, les écosystèmes peuvent se régénérer.

Génération Écologie exige que les décisions publiques soient à la hauteur des alertes de la communauté scientifique. Soutenir les scientifiques du climat, c’est prendre leurs conclusions au sérieux dans les actes : planifier la sortie des énergies fossiles, transformer nos modèles de production et protéger les écosystèmes, à la fois victimes du changement climatique et essentiels pour l’atténuer. Les défendre, ce n’est pas préserver un décor : c’est protéger les conditions mêmes de notre avenir commun.

Ce que les scientifiques décrivent avec leurs données, nous le traduisons en projet politique : une société, résiliente, attentive au vivant, qui ne mesure pas sa réussite à la croissance de son PIB, mais à la santé de ses écosystèmes, à la qualité de vie de ses habitants, et à la beauté préservée de ses paysages. Nous voulons des forêts qui ne brûlent pas, des rivières qui coulent encore, des herbiers qui ondulent, des glaciers qui scintillent, des oiseaux qui chantent. La beauté du monde vivant n’est pas un luxe, elle est une condition de notre humanité et un bien commun à défendre. 

Laure Haag, conseillère régionale Grand Est et Secrétaire Générale de Génération Écologie