Projet E-CHO à Lacq : l’intérêt national majeur dévoyé

Génération Écologie 64 lance une pétition citoyenne et transpartisane pour aligner toute directive industrielle sur les recommandations du rapport du Haut Conseil pour le climat, “Dangers climatiques : la France face à ses responsabilités”.

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La France suffoque.

Les canicules se succèdent, les incendies se déclarent toujours plus tôt dans la saison, les sécheresses s’aggravent et les services de santé rappellent chaque été que les épisodes de chaleur extrême coûtent des vies humaines. Les scientifiques, les climatologues, les agences publiques, les professionnels de santé, les forestiers et les associations environnementales alertent inlassablement : pour limiter les effets du changement climatique, il faut réduire nos émissions, protéger les forêts, préserver les sols et cesser d’épuiser les ressources naturelles.

C’est dans ce contexte que Monsieur le Préfet des Pyrénées-Atlantiques annonce le 7 juillet 2026 qu’un décret classant le projet E-CHO, porté par Elyse Energy sur le site industriel de Lacq, parmi les projets d’intérêt national majeur. Une décision qui interroge profondément.

Génération Écologie 64 appelle le Préfet, les élus des Pyrénées-Atlantiques et l’ensemble des décideurs publics à un véritable sursaut de conscience.

Depuis des semaines, chacun entend le même message : les arbres sont nos meilleurs alliés face au réchauffement climatique. Ils captent le carbone, rafraîchissent nos villes, limitent les effets des canicules, protègent les sols et abritent la biodiversité. Mais lorsqu’un grand projet industriel a besoin de matière première, ces mêmes arbres deviennent soudain une ressource à exploiter.

Le projet E-CHO prévoit de mobiliser 300 000 tonnes de biomasse chaque année pour produire des carburants destinés à l’aviation et au transport maritime. Une partie de cette biomasse proviendrait de la ressource forestière.

Là réside toute l’ambiguïté. Comment expliquer aux citoyens qu’il faut préserver les forêts parce qu’elles sont indispensables pour faire face au changement climatique, tout en qualifiant d’“intérêt national majeur” un projet industriel qui prévoit d’en mobiliser une partie pour produire des carburants ?

Décarboner l’aviation et le transport maritime est une nécessité. Mais décarboner un modèle qui continue à poursuivre une croissance infinie des flux de marchandises et du transport aérien sans jamais interroger les volumes transportés ni nos modes de consommation revient à traiter les conséquences sans remettre en cause les causes.

Notre crise climatique n’est pas seulement une crise des émissions de carbone. Elle est aussi le résultat d’un modèle économique fondé sur une extraction toujours plus importante des ressources naturelles, une production toujours plus intensive et une consommation toujours croissante.

Peut-on encore qualifier d’“intérêt national majeur” un projet qui s’inscrit dans cette logique ? À quel moment accepterons-nous que la véritable transition écologique ne consiste pas seulement à changer de carburant, mais aussi à questionner les besoins, les usages, les quantités produites et transportées ? Changer d’énergie sans changer de modèle, c’est repousser le problème. Le repeindre en vert ne le rend pas soutenable. Un changement de modèle, c’est apporter de nouvelles idées et faire des arbitrages qui font sens. Il est temps de réfléchir profondément tous ensemble pour améliorer notre quotidien.

Génération Écologie Pyrénées-Atlantiques appelle les décideurs publics à suspendre immédiatement le projet E-CHO et à suivre les recommandations du rapport annuel 2026 du Haut conseil pour le climat paru le 9 juillet 2026, “Dangers climatiques : la France face à ses responsabilités”, pour tout choix industriel sur notre territoire.

Génération Écologie 64 a lancé une pétition à l’attention de l’ensemble des élus et citoyens.

La véritable transition écologique ne consiste pas à rendre acceptable un modèle qui nous conduit dans l’impasse. Elle consiste à construire dès maintenant un nouveau modèle capable de respecter les limites planétaires, de préserver le vivant et de répondre aux besoins essentiels de la société sur nos territoires.

C’est cela, le véritable intérêt national majeur.

Aline Faure Larralde, membre de Génération Écologie Pyrénées-Atlantiques et du Conseil national