L’avis du Conseil d’État rendu le 26 mars est un camouflet pour la proposition de loi Duplomb 2. Après la censure du retour des néonicotinoïdes par le Conseil constitutionnel, nous dénonçons l’acharnement du sénateur Duplomb à vouloir, coûte que coûte, autoriser des pesticides interdits en France. Ces substances ont été prohibées pour de bonnes raisons : leur dangerosité pour la santé humaine et pour la biodiversité. Aucun argument économique ne saurait justifier leur réhabilitation. Ce n’est pas un débat juridique, mais de santé publique.
Nous dénonçons les attaques renouvelées des partisans du Trumpisme à la française contre la Charte de l’environnement inscrite dans la Constitution par Jacques Chirac. Contrairement aux discours qui le caricaturent, le principe de précaution est un principe d’action : il permet d’agir face à l’incertitude scientifique pour protéger la population. Il s’agit d’un pilier de l’État de droit et de l’ordre public sanitaire et environnemental.
Génération Écologie met en garde le gouvernement contre tout retour de la loi Duplomb dans son projet de loi d’urgence agricole. Les agricultrices et agriculteurs méritent un soutien réel en termes de revenus, de transition agroécologique, de protection contre la concurrence déloyale, et non un retour en arrière qui exposerait encore davantage leur santé à des substances toxiques.
Céder à la pression du Sénat et des lobbys de l’agrochimie serait une faute majeure. Si le gouvernement choisissait d’emprunter cette voie, il s’exposera à une mobilisation puissante de la société civile qui ne veut pas de l’empoisonnement alimentaire.