Il fut un temps où le printemps arrivait avec un doux bruissement dans l’air. Les hirondelles revenaient, les abeilles butinaient dans les vergers, les grenouilles chantaient dans les mares. Ce bruit-là, c’était la France vivante. Aujourd’hui, le printemps est moins bourdonnant qu’avant, et s’il s’éteint un peu plus chaque année. En cause : les pesticides qui déciment les insectes et les oiseaux qui s’en nourrissent.
La loi Duplomb a choisi les intérêts de l’agrochimie contre la santé des citoyens. En supprimant la séparation entre la vente et le conseil en pesticides, elle a ouvert la porte à davantage de produits chimiques dans nos champs et dans nos assiettes. Elle a failli réautoriser les néonicotinoïdes, pesticides toxiques pour le système nerveux et la santé humaine, dangereux pour la vie du sol, tueurs de pollinisateurs et d’oiseaux, très persistant dans l’eau. Le Conseil constitutionnel a censuré cet article mais les lobbys du poison des pesticides n’ont pas renoncé. Une proposition de loi Duplomb 2 a été déposée. À Bruxelles, le paquet Omnibus européen prévoit d’autoriser les pesticides sans limite de temps, sans que les citoyennes ou citoyens n’aient leur mot à dire.
Stop à l’empoisonnement alimentaire ! Deux millions de personnes ont signé la pétition contre la loi Duplomb. Pas deux millions de militants : deux millions de citoyennes et de citoyens, des scientifiques, des médecins, des agricultrices et agriculteurs épuisés par un modèle qui les étouffe autant qu’il étouffe la nature. Ce chiffre dit quelque chose d’essentiel : les Françaises et les Français veulent la santé environnementale. Deux millions de signatures, c’est une défaite pour les lobbys de l’agrochimie et le début d’une prise de conscience qui traverse toute la société.
Le 4 avril, nous marcherons avec la fierté de celles et de ceux qui savent pourquoi ils se battent. Pour que les enfants mangent des fraises sans poison. Pour que les agricultrices et agriculteurs vivent dignement de leur terre. Pour des rivières vivantes, une eau potable au robinet et que les abeilles bourdonnent à nouveau dans les champs. Pour que le printemps soit à nouveau bruyant et vivant.
Rendez-vous à Paris, au métro Grands Boulevards, à 14h, le samedi 4 avril 2026 pour la Marche pour un Printemps Bruyant.