Pure Salmon au Verdon : nos territoires méritent mieux !

La commission d'enquête publique a rendu un avis favorable au projet d'usine piscicole géante Pure Salmon au Verdon-sur-Mer. Génération Écologie dénonce un triple déni démocratique, scientifique et écologique et appelle le conseil départemental de l'environnement à s'opposer à ce projet hors de toute proportion.

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Une enquête publique s’est tenue du 15 décembre au 19 janvier 2026 sur le projet d’usine piscicole géante au Verdon-sur-Mer, étrangement intitulé « Pure Salmon », qui ambitionne de produire 10 000 tonnes de saumons par an. 

Malgré sa tenue pendant une période peu adaptée à la mobilisation citoyenne (les fêtes de fin d’année), elle a conduit à 23 000 contributions défavorables : à 63% en moyenne, et jusqu’à 90 % au Verdon sur Mer. Rapporté à la taille de ce village de 1400 habitants, ce niveau de mobilisation atteint des records : il est révélateur des oppositions multiples locales – mais également régionales et internationales – que ce projet a engendrées pour des motifs fondés et extrêmement variés. En parallèle, durant l’hiver, des manifestations ont régulièrement eu lieu, au Verdon, à Royan ou encore à Bordeaux, pour dénoncer les dangers liés à la réalisation de ce projet en tout points démesuré et totalement inadapté à un milieu naturel fragile.

C’est dans ce contexte que l’avis favorable au permis de construire, publié mardi 24 mars suite à la remise du rapport et de l’avis par le Président de la Commission au Préfet de Gironde, apparaît comme une provocation démocratique, malgré les deux réserves émises sur la gestion de l’eau et la montée en puissance du site. Cela est aggravé par les déclarations publiques de l’un des commissaires enquêteurs, en faveur du projet, avant la remise du rapport. Mais c’est surtout le caractère fallacieux de l’argumentation qui défie l’entendement : elle vise ainsi à asseoir la légitimité du projet sur la base « de données techniques, écologiques et économiques » définies comme « objectives » opposées à la soi-disant « subjectivité » des contributions citoyennes ! Parmi celles-ci, on notera pourtant celles de la Commission locale de l’eau, du conseil scientifique de l’estuaire ou encore des associations environnementales. Une telle défiance au regard des avis rendus par les scientifiques dans notre pays n’est pas acceptable. Génération Écologie dénonce ainsi le triple déni démocratique, scientifique et écologique inhérent à cet avis, au service d’un mirage économique destiné à n’enrichir que ses auteurs : l’entreprise Pure Salmon financée par le fond singapourien 8F Asset Management. 

Il reste à espérer que le conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CoDERST), qui devra prochainement se positionner, reconnaisse les dangers colossaux associés à la réalisation de ce projet, tant pour la biodiversité de cette zone estuarienne, que pour l’économie locale, le bien-être animal ou la qualité de l’eau. Il pourrait ainsi influencer la décision finale du Préfet l’invitant à renoncer à la légitimation d’un projet très manifestement rejeté par les populations locales. Nos territoires méritent mieux que ces projets destructeurs des équilibres locaux, mus par l’avidité du productivisme mondialisé ! 

Anne-Laure Bedu

Chargée des relations avec les partenaires sociaux et de la santé environnementale

À propos de Anne-Laure Bedu

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Anne-Laure Bedu

Conseil exécutif

Conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine, elle est engagée dans la cause sociale, environnementale et démocratique, à titre professionnel et militant, depuis 25 ans. 

Au-delà de ses nombreux soutiens au monde associatif (LPO, L214, SPA, Amnesty International, Mémorial de la Shoah…), elle occupe plusieurs fonctions : professeure associée à Sciences Po Bordeaux depuis six ans où elle enseigne l’écologie et l’économie sociale et solidaire (notamment codirectrice et fondatrice du master Gouvernance de la transition écologique), fondatrice d’Enercoop Aquitaine et ancienne présidente de la SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) entre 2011 et 2016, fondatrice et dirigeante du cabinet conseil Presqu’Île Durable depuis 2006. Elle est conseillère régionale de la région Nouvelle-Aquitaine, où elle siège au sein du groupe Écologiste, Solidaire et Citoyen.