Journée mondiale de l’eau : René Dumont avait raison !

À l’occasion de la journée mondiale de l’eau, Génération Écologie rappelle que l’eau est un bien commun précieux qu’il nous faut protéger.

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Ouvrir un robinet et voir couler de l’eau propre : c’est un geste du quotidien qui paraît anodin. Mais depuis 1980, environ 14 300 captages d’eau ont fermé, dont près de la moitié pour cause de pollutions aux pesticides ou aux nitrates. De nombreux villages ont déjà dû faire venir de l’eau par camion-citernes pour cause de sécheresse : Seillans dans le Var, Coucouron en Ardèche, Durban-Corbières dans l’Aude, Vovray-en-Bornes, Le Sappey, Villy-le-Bouveret et Menthonnex-en-Bornes en Savoie, Arlanc en Haute-Loire… Avec le réchauffement climatique, les rivières s’assèchent plus tôt chaque été et les nappes souterraines se rechargent moins bien chaque hiver. René Dumont le disait déjà en 1974, en brandissant “un verre d’eau précieuse” à la télévision : “Nous allons bientôt manquer de l’eau.” Un demi-siècle plus tard, si rien ne change, neuf territoires français sur dix manqueront d’eau en été d’ici 2050.

La rareté grandissante de l’eau est le miroir d’un modèle qui a longtemps subordonné la nature à la croissance du PIB : pendant des décennies, on a drainé les zones humides pour gagner des hectares cultivables, épandu des engrais et pesticides pour maximiser les rendements, creusé des forages pour irriguer des cultures d’exportation. Cette course à la croissance a appauvri nos sols, empoisonné nos nappes et fragilisé des millions de Françaises et de Français qui boivent aujourd’hui une eau de moins en moins sûre

En janvier 2026, le Premier ministre a décrété un moratoire sur toutes les décisions de politique de l’eau suspendant les règles sur les volumes prélevables, bloquant des schémas d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) construits pendant des années avec les élus locaux et les citoyens, cédant aux injonctions de l’agro-industrie et mettant en péril la protection de notre bien commun qu’est l’eau. 

Les solutions, pourtant, ne manquent pas. Elles sont connues et applicables : 

Protéger l’eau, c’est protéger notre santé et celle de nos enfants, c’est protéger la beauté de nos paysages avec leurs haies et leurs arbres qui, en retenant l’eau, alimentent nos nappes, c’est aussi protéger la paix entre ceux qui partagent la ressource d’un même territoire.