8 mars : pour un écoféminisme de l’harmonie contre la logique des Destructeurs

À l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, Génération Écologie rappelle que l’écoféminisme doit être une quête de paix et d’harmonie face aux Destructeurs de notre temps.

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Le Haut Conseil à l’Égalité titre son dernier rapport : “L’état des lieux du sexisme en France – La menace masculiniste”. C’est un signal d’alarme. Il pointe la cohabitation de deux formes de sexisme en France : l’un qualifié de “paternaliste”, l’autre d’“hostile”. Le premier considère encore les femmes comme des “êtres fragiles nécessitant une protection constante”, et le second se manifeste par le rejet des femmes et la légitimation des violences à leur égard. Ce mouvement réactionnaire et dangereux s’est propagé silencieusement en France, et ses chiffres sont alarmants : 17 % de la population de 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes adhèreraient désormais à ce sexisme hostile. Le cybersexisme est devenu la première forme de discours de haine en ligne, touchant les femmes dans 84 % des cas. 

Cette poussée masculiniste n’est pas un fait isolé. Elle participe de la même dynamique que celle des Destructeurs de notre temps : une obsession pour la puissance brute, un culte de la domination et un mépris pour tout ce qui est classé comme vulnérable. C’est une seule et même logique de prédation qui s’attaque aux femmes comme elle s’attaque au monde que nous avons en partage, à la nature, aux ressources qu’elle nous procure, aux animaux, à la beauté des paysages. 

Dans un monde obsédé par la croissance matérielle, qui semble toujours plus voué aux logiques de domination et de prédation, l’écoféminisme est un vecteur d’espérance essentiel. Il rejette les logiques de la violence, il nous rappelle que nous sommes des êtres sociaux, il remet le soin et l’harmonie au centre de nos priorités collectives. 

Gisèle Pélicot nous montre la voie avec une dignité remarquable. Dans son livre coécrit avec Judith Perrignon, Et la joie de vivre, elle retrace l’épreuve qu’elle a traversée et souligne : “cette histoire […] est le sale reflet de la domination et de la prédation qui structure encore notre monde”. Mais elle refuse de se laisser enfermer dans la colère et dans la haine. Elle écrit aussi : “Si je n’aime pas, c’est le vide qui gagne, et je ne suis rien”, et témoigne : On est fait pour vivre ensemble. On est fait pour vivre dans l’harmonie. Parce que je pense que tout passe par l’éducation, le respect et l’attention portée à l’autre.”

Elle nous rappelle que la véritable puissance se trouve dans la capacité à refuser la haine et le vide pour construire du lien. L’écoféminisme et le féminisme doivent rester très loin des logiques de domination et de violence, qui ne sont pas une lutte contre la domination mais son prolongement. Si nos luttes deviennent un miroir des méthodes virilistes de confrontation, nous avons déjà perdu. Le défaitisme et le repli sur l’agressivité ne font que nourrir le statu quo. L’écoféminisme que nous défendons est la quête d’un nouvel équilibre entre les êtres humains et avec la nature, libéré de tout rapport de domination.

Choisir la joie de vivre et le respect mutuel n’est pas une posture naïve, c’est l’acte le plus courageux et le plus structurant que nous puissions poser pour l’avenir. C’est ainsi que nous bâtirons une société plus juste, fidèle à notre histoire et à nos aspirations communes.

Anaïs Widiez