« Mesdames et Messieurs les Ministres, trois questions précises.
Premièrement, au sujet de la proposition de loi Duplomb 2 qui veut à nouveau autoriser en France le poison des néonicotinoïdes, acétamipride, flupyradifurone, le Premier ministre a déclaré : “Si elle peut résoudre certains problèmes, elle en pose aussi d’autres.” La porte-parole du gouvernement a expliqué, je cite, “On ne peut pas faire comme si une pétition n’avait pas réuni deux millions de signataires.” Mais lors du débat ici-même sur cette pétition, la ministre de l’Agriculture a déclaré qu’elle regardait la proposition de loi Duplomb 2 avec, je cite, “bienveillance” et “sans tabou”. Pouvons-nous avoir la clarté sur la position du gouvernement ?
Deuxièmement, la justice a reconnu la responsabilité de l’État dans le préjudice écologique causé par les pesticides. Cette décision “Justice pour le vivant” oblige à communiquer d’ici le 3 mars le calendrier de réexamen de toutes les autorisations des pesticides qui n’ont pas pris en compte le dernier état des connaissances scientifiques. Le gouvernement va-t-il respecter cette obligation ?
Troisièmement, quelle est la position de la France sur le paquet Omnibus européen qui prévoit d’autoriser les pesticides ad vitam æternam ? C’est-à-dire que des substances comme le glyphosate, l’acétamipride, des pesticides contenant des PFAS et d’autres perturbateurs endocriniens ou cancérigènes ne seraient plus autorisés pour une durée limitée, comme c’est le cas actuellement mais pour l’éternité, peu importe la toxicité pour la santé et la biodiversité. Pire, sans le moindre débat démocratique, il est question d’un abandon total de notre souveraineté à savoir que l’Anses et notre pays n’auraient plus leur mot à dire sur les pesticides utilisés sur notre sol. La France est-elle pour ou contre cette réforme dangereuse ? »