“La loi Duplomb heurte l’identité profonde de la France”
« Ceux qui n’ont que le mot identité à la bouche n’ont pas voulu voir que la loi Duplomb s’est fracassée sur l’identité française. Merci Madame Éléonore Pattery ! Merci aux 2 131 368 personnes qui ont signé la pétition “Non à la loi Duplomb” !
Pourquoi cette pétition ? Pourquoi s’est-elle emparée de la société tout entière ? Du Conseil national de l’Ordre des médecins, des malades du cancer qui crient leur colère, de tout ce que la France compte de communautés scientifiques, des associations de protection de la nature, des chefs cuisiniers qui proclament “Nous, restaurateurs, faisons ce métier pour nourrir, pas pour
empoisonner !”, de 61% des citoyennes et citoyens favorables à l’abrogation de la loi Duplomb, habitants autant nos villes que nos campagnes, toutes générations confondues, toutes tendances politiques mélangées, de Monsieur ou Madame Tout-le-Monde, qui, pour la première fois a utilisé FranceConnect… Pourquoi cette pétition est-elle l’une des plus signées de l’histoire de France ? Pourquoi ce fait politique s’impose à tous ? Vous l’êtes-vous seulement demandé ?
Oui, la loi Duplomb, votée sans débat démocratique, promulguée malgré 2 millions de signatures, heurte l’identité profonde de la France. Car la France, c’est la nation qui a inventé la Sécurité Sociale pour garantir “notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs”, comme le rappelle le Préambule de 1946, la protection de la santé. La France, c’est le pays des Lumières, qui a chevillé au corps la connaissance scientifique et le refus de l’obscurantisme. La France, c’est le pays de la gastronomie, qui a érigé les arts culinaires au rang de culture forgée par la diversité de nos terroirs, de nos paysages, de notre agriculture, au point que le “repas gastronomique des Français” a été inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
La France ne peut se résigner à l’empoisonnement alimentaire, ni à figurer au hit-parade des pays les plus consommateurs de pesticides. Elle ne se résigne pas à être un pays record du nombre de cancers, ni à l’épidémie de cancers frappant des personnes jeunes, que le directeur de l’Institut Gustave Roussy, car oui c’est lui qui l’a dit, qualifie de “tsunami”. Où est le nouveau plan cancer, s’attaquant aux causes environnementales de la maladie, dans le prolongement de celui lancé par le Président Chirac il y a vingt ans ?
La loi Duplomb n’est que la partie émergée d’un immense scandale, monstrueux, silencieux. Cancers, mais aussi endométrioses, troubles du neurodéveloppement, maladies neurodégénératives, et tant d’autres, sont aussi des maladies politiques. 1,7 million d’écoliers sont exposés à de fortes doses de pesticides. Quelle inconscience ! La qualité de l’eau potable s’est effondrée en seulement dix ans, charge aux collectivités de se débrouiller avec le fardeau ! Pour protéger l’eau potable, demain, votons la proposition de loi de
Jean-Claude Raux !
En annonçant une loi Duplomb 2, pour tenter de faire revenir par la fenêtre le poison des néonicotinoïdes que le Conseil constitutionnel avait jeté par la porte, ses promoteurs veulent faire croire que signer des pétitions ne sert à rien. Et ce en dépit de l’État de droit et de la décision “Justice pour le vivant”, qui reconnaît la responsabilité de l’État dans le préjudice causé à la biodiversité par les pesticides. Ne sous-estimez pas la force citoyenne qui s’est levée. Elle fera barrage à la loi Duplomb 2. Elle s’opposera à la loi européenne dite Omnibus, qui est en fait Omnipesticides, ad vitam aeternam, plus de science, plus de souveraineté !
Mesdames et Messieurs les Députés, les signataires contre la loi Duplomb ne nous ont pas demandé un débat. Ils nous ont demandé “la santé, la sécurité et l’intelligence collective”. L’intelligence collective, c’est de se rassembler autour de la cause de la santé environnementale et de l’avenir de notre agriculture, en refusant les provocations et les logiques d’affrontements.
Non le Sénateur Laurent Duplomb n’est pas, je cite, “une ordure”. Il n’est que le simple représentant du lobby du poison des pesticides. Nous refusons toute forme de violence contre les parlementaires. Nous refusons les dégradations et les insultes qui se multiplient contre les associations et les agents publics chargés de la protection de l’environnement. Nous refusons la funeste mécanique du Trumpisme à la française, qui cultive la haine, la division. Nous voulons en finir avec ces clivages stériles et réconcilier enfin nature, santé et agriculture.
Cette exigence, elle fédère 8 Français sur 10. Nous avons confiance dans la profondeur du mouvement pour la santé environnementale. Il est irréversible, aussi puissant que l’envie de vivre. Il rassemble la France qui a besoin d’unité. Merci à la pétition contre la loi Duplomb d’avoir fait cette démonstration porteuse d’espérance. »
“Non, les signataires de la pétition contre la loi Duplomb ne sont pas des robots.”
Hier à l’Assemblée nationale, lors du débat sur la pétition, la ministre de l’agriculture Annie Genevard a osé prétendre que les 2 131 368 signatures seraient le fait de “tous les robots qui ont tourné allègrement”, mettant en doute la sincérité du recueil de signatures. Accuser plus de deux millions de signataires d’être le fruit de manipulations numériques est consternant et inédit.
Delphine BathoAucun parlementaire dans les débats que nous avons eu n’a osé mettre en doute la véracité des signatures. Que ce soit un membre du gouvernement qui le fasse, c’est un niveau de fake news qui est grave.
Dans un “rappel au règlement”, Delphine Batho a rappelé les règles d’authentification des signatures, définies par le règlement de l’Assemblée nationale, pour défendre la voix de millions de Français. La Présidente de l’Assemblée nationale a elle-même rappelé le serieux du système de recueil des signatures. Chacune et chacun se souvient que la pétition ne pouvait en effet être signée qu’avec le système d’authentification FranceConnect !
Une nouvelle pétition citoyenne, contre la loi Duplomb 2, intitulée “Non c’est Non, Monsieur Duplomb”, est d’ailleurs en ligne et a déjà dépassé les 150 000 signatures :
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5103