Génération Écologie dénonce la décision d’une majorité qualifiée de l’Union européenne de valider l’accord de libre-échange avec le Mercosur. Une fois encore, l’agriculture et la santé publique sont sacrifiées sur l’autel d’intérêts industriels discutables, pour des gains de croissance aussi incertains que contestables dans un contexte d’effondrements écologiques planétaires.
L’obsession pour la croissance du commerce international, avec toujours plus d’exportations et toujours plus d’importations, est incompatible avec la lutte contre le changement climatique et le respect des limites planétaires. Elle expose également notre pays à toujours plus de dépendances extérieures, et toujours moins de souveraineté. Cette voie n’est en rien la bonne réponse de l’Europe au Trumpisme et à sa guerre commerciale généralisée, qui appelle au contraire l’alternative de la relocalisation de l’économie, de l’autonomie stratégique de l’Europe et du juste échange.
Si la France a heureusement voté contre, sa position n’a pas été dénuée d’ambiguïtés constantes, conduisant à cette défaite. Les différentes mesures présentées par le gouvernement pour atténuer l’approbation de l’accord par l’Union européenne sont, en l’état, de la poudre aux yeux. Les 45 milliards d’euros présentés comme supplémentaires pour la PAC, sont en fait des fonds débloqués par anticipation. Le budget de la nouvelle PAC reste inférieur à celui de la période précédente et l’affectation des fonds se fait toujours sans aucune considération écologique. Les arrêtés pris par le gouvernement français prétendant mettre en place des « mesures miroirs » ne concernent que 5 substances actives sur les 72 interdites dans l’Union européenne disposant d’une limite maximale de résidus autorisés supérieure au seuil de détection pour les produits importés. Par ailleurs, aucune mesure de protection n’est mise en place pour la viande bovine, alors même que l’élevage français subit de plein fouet la concurrence déloyale.
Face à ce déni démocratique et écologique, Génération Écologie appelle la France et le Parlement européen à saisir la Cour de justice de l’Union européenne sur l’incompatibilité de cet accord avec les traités européens et l’Accord de Paris pour le Climat, ainsi que sur le choix, par la Commission européenne, d’une procédure qui contourne l’expression démocratique des représentants du peuple.