Les PFAS en Grand Est  : Une contamination régionale, un problème national

26 communes de la région Grand-Est contraintes d’interdire la consommation d’eau du robinet. Laure Haag, conseillère régionale Génération Écologie du Grand-Est alerte sur l’échec que représentent ces interdictions. L’État doit tenir son rôle et protéger les populations.

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Dans la région Grand-Est, 26 communes sont aujourd’hui contraintes d’interdire ou de restreindre la consommation d’eau du robinet. En cause : des taux de PFAS, ces « polluants éternels », bien trop élevés.

Rejetés dans les rivières et les sols, sans réelle surveillance publique, ces composés chimiques contaminent l’eau que nous buvons, les champs que nous cultivons et même l’air que nous respirons.

Interdire l’eau du robinet n’est pas anodin : c’est une rupture de service public. Certains citoyens n’ont plus accès à de l’eau potable, un bien essentiel. Ce n’est pas une simple externalité négative de l’industrie, c’est un échec collectif de prévention et de transparence.

Il est urgent de comprendre l’origine exacte de cette pollution : blanchiment textile, boues de papeterie, mousses anti-incendie… Les sites potentiellement responsables s’accumulent. Il faut les recenser et accompagner concrètement et rapidement leur dépollution. 

C’est un enjeu de santé publique. Les PFAS sont associés à des risques accrus de cancers, des maladies thyroïdiennes, les lésions au foie etc. En ce mois de Novembre Bleu, consacré à la prévention des cancers masculins, rappelons que la prévention ne peut pas se limiter aux comportements individuels. Elle doit inclure la protection de notre environnement quotidien. 

Rien ou presque n’a été fait pour anticiper cette contamination. Les communes se retrouvent aujourd’hui seules face à un mur d’investissements pour dépolluer leur eau et moderniser leurs infrastructures, tandis que les industriels responsables échappent à toute redevabilité légale.

En plus de soutenir les technologies de filtration, l’État doit agir à la source en interdisant plus largement l’usage des PFAS. La loi n° 2025-188 du 27 février 2025, visant à protéger la population des risques liés aux substances per- et poly fluoroalkylées (PFAS), constitue une étape importante, avec plusieurs avancées notables. Mais elle doit être renforcée.

L’État doit étendre la surveillance à l’ensemble de la chaîne d’exposition : air, sol, aliments, eau en bouteille. Il doit aussi contraindre les industriels à financer les mesures de dépollution et renforcer leur transparence sur les impacts environnementaux.

L’État doit tenir son rôle : protéger avant de réparer.

Loïc Favier, référent Génération écologie Grand Est et Laure Haag, Conseillère régionale Génération Écologie Grand-Est