« Je suis venue pour aider, pour écouter, pour être utile face à l’injustice que vous subissez. »

Dans les Ardennes, 12 communes sont privées d’eau potable depuis plus de six mois. En cause : la contamination par les PFAS, ces « polluants éternels » dangereux pour la santé. Delphine Batho, candidate à l’élection présidentielle, s’est rendue à leur rencontre pour que la France garantisse à chacune et chacun le droit fondamental à une eau qui ne soit pas empoisonnée.  

Dans la vallée de la Chiers, les habitantes et habitants de douze communes vivent un calvaire quotidien : l’impossibilité de boire l’eau du robinet. Près de 3 000 personnes sont privées du bien commun le plus vital. L’eau est empoisonnée. En cause, les PFAS (substances per- et poly fluoroalkylées), qui saturent désormais les sols et les nappes phréatiques. Le résultat d’un laxisme généralisé dans l’épandage des boues d’une ancienne papeterie sur les terres cultivées. Extrêmement persistants, ils sont associés à des risques accrus de cancers et de maladies cardiovasculaires, ainsi qu’à des troubles hormonaux, des atteintes du système immunitaire et des effets graves sur le développement du fœtus et de l’enfant.

« Notre priorité, c’est la santé. La santé dépend de l’eau que nous buvons. »

Delphine Batho, dans les Ardennes, le 8 janvier 2026

Les PFAS, c’est en réalité un combat quotidien pour les maires des communes touchées. Ces communes rurales sont livrées à elles-mêmes, comme en témoignent les maires de Malandry, Villy, La Ferté-sur-Chiers et Blagny ainsi que les citoyennes du collectif PFAS Ardennes. Auprès de Delphine Batho, candidate à l’élection présidentielle, Laure Haag, conseillère régionale du Grand Est, et Didier Raas, référent territorial de Génération Écologie, ils ont dénoncé les manquements de l’État et exprimé une exigence simple : « On veut que l’eau revienne », comme le résume Annick Dufils, maire de Malandry. Les solutions pour rétablir l’eau potable face à la contamination par les PFAS existent. Et les communes rurales y ont droit, comme toutes les communes de France.

Depuis des mois, les élus locaux reçoivent des réponses qui leur paraissent lointaines, technocratiques, surréalistes. Après la lenteur à transmettre les résultats d’analyses, le retard à interdire la consommation d’eau du robinet pour la boisson, l’absence de réponses aux nombreuses questions légitimes des habitants, le remboursement aux habitants de deux litres d’eau en bouteille par jour, le blocage se résume à une question : qui doit payer ?

À l’origine de la pollution, les maires dénoncent des enfouissements illégaux et des épandages anarchiques pendant des années. À ce jour, aucune enquête judiciaire n’a abouti. L’usine a fermé. L’entreprise concernée, mise en cause pour les mêmes pratiques de pollueur-voyou dans d’autres pays, s’est dérobée comme un fantôme.

« La ruralité ne doit pas être la poubelle des sites industriels. Nous connaissons un scandale environnemental et sanitaire : il faut prendre les choses à bras-le-corps. »

Annick Dufils, maire de Malandry

Et puis il y a les inquiétudes pour la santé. L’évocation de maladies qui frappent telle ou tel habitante ou habitant de la commune. Les questions légitimes qu’on se pose. « On la boit depuis combien de temps cette eau empoisonnée ? ». Cette catastrophe écologique a aussi un retentissement sur la santé mentale, qu’il ne faut pas oublier. À la demande du collectif citoyen d’études de biosurveillance humaine des PFAS et d’un suivi scientifique de l’état de santé de la population, l’État refuse au motif que la population ne serait « pas assez nombreuse ». 3 000 habitantes et habitants sans eau potable, n’est-ce pas déjà trop ? 

Jusqu’ici, l’État paraît jouer la montre sur le rétablissement de l’eau potable, se réfugiant derrière les compétences des collectivités, suggérant plutôt aux communes rurales de s’endetter ou d’augmenter le prix de l’eau. Les agences de l’eau, quant à elles, continuent de prélever la redevance sur une eau imbuvable. « On nous a répondu d’emprunter, d’augmenter le prix de l’eau… pas de débat, sujet suivant », raconte Théodor Lukowski, maire de Blagny. Pour les habitantes et habitants, c’est la double peine : ils n’ont pas d’eau potable, et il faudrait qu’elle leur coûte plus cher. Ainsi donc, la France serait capable de reconstruire Notre-Dame et d’organiser les Jeux Olympiques, mais pas d’assurer la fourniture vitale de l’eau potable à 3 000 habitantes et habitants dans les Ardennes ?

« La France n’est pas le pays du chacun pour soi où celles et ceux qui sont victimes d’une pollution qui met en danger la santé doivent payer plus cher une eau qui n’est même pas potable. »

Delphine Batho

Nous voulons agir pour une solidarité nationale avec les communes ardennaises face à la contamination de l’eau potable aux PFAS.

La situation de ces communes rurales abandonnées pourrait être un dangereux précédent. Elle constitue un signal d’alarme pour l’ensemble de notre pays. Ce qui se produit aujourd’hui dans la vallée de la Chiers illustre une menace qui plane sur de nombreuses autres communes de France, à mesure que les analyses des PFAS dans l’eau potable vont être systématisées sur tout le territoire. Il est invraisemblable qu’un comité scientifique et technique national, mobilisant toutes les compétences de notre pays tant sur le plan des connaissances scientifiques sur les PFAS que sur la dépollution de l’eau, n’ait pas été créé.

La victoire qu’a représentée la loi portée par Nicolas Thierry appelle donc de nouvelles étapes dans le combat contre les polluants éternels. Pour faire face aux conséquences et à l’urgence, mais aussi pour remédier à la cause de cet empoisonnement. Or, malgré l’interdiction des PFAS dans les cosmétiques et les textiles depuis le 1er janvier 2026, il est encore légal de rejeter ces poisons dans la nature en 2026. Cela doit définitivement cesser. 

Pour les communes rurales victimes, la priorité doit être donnée à la création d’un fonds d’urgence, à la reconnaissance officielle de l’état de catastrophe écologique, au rétablissement rapide de l’eau potable. 

C’est à la solidarité nationale de prendre en charge les conséquences d’un empoisonnement qui résulte de la complaisance de l’État face aux pratiques de certains industriels. Il en va de même pour les études scientifiques sur l’imprégnation de la population et son état de santé, ainsi que de la biodiversité et de l’environnement. Face à l’immobilisme des pouvoirs publics, l’ensemble des territoires de France victimes des PFAS, doivent rompre leur isolement et se mettre en réseau et agir ensemble.  

Avec Delphine Batho, nous voulons garantir à chaque Française et Français le droit fondamental à une eau potable.

 

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