Canicule : la faute professionnelle du gouvernement

Nous suffoquons sous l’ampleur de la vague de chaleur d’une ampleur historique, avec 54 départements placés en alerte rouge par Météo France. Dans ce contexte, Génération Écologie appelle à prendre soin de soi et des autres du mieux possible. Mais nous devons aussi dénoncer la faillite des gouvernements qui n’ont jamais pris au sérieux les alertes scientifiques. Et de l’actuel qui abandonne les citoyennes et citoyens à la débrouillardise avec les moyens du bord.

Nos compatriotes éprouvent un sentiment d’abandon alors qu’aucun plan d’ensemble cohérent n’est prévu pour les aider à faire face à l’épreuve de la canicule, qui, selon Météo France pourrait être d’ « une durée et une sévérité identiques à celle d’août 2003 ».

Écoles, travail, transports, compétitions sportives, fête de la musique, selon les territoires, les consignes à géométrie variable génèrent une grande confusion. Nos concitoyennes et concitoyens constatent une désorganisation et se débrouillent comme ils peuvent avec les moyens du bord. Il en va de même pour les élus locaux.

L’absence d’anticipation est une faute professionnelle du gouvernement : rien n’a été prévu, organisé, préparé en amont. Se contenter de rappeler les conseils de santé publique et d’activer la cellule interministérielle de crise ce samedi, comme si la canicule était un événement inattendu, illustre une impréparation indigne de la République.

En effet, Météo France annonce déjà depuis plusieurs jours « un nouvel épisode caniculaire durable, avec un domaine géographique étendu ». L’Organisation météorologique mondiale et l’ONU appelaient également depuis plusieurs semaines à « se préparer à l’année la plus chaude » et à des « événements extrêmes à l’échelle mondiale ».

En mai dernier, le gouvernement avait activé la cellule de crise… cinq jours après le début de l’épisode de chaleur, essentiellement pour des besoins de communication politique, tandis qu’il décidait parallèlement de coupes budgétaires dans le Fonds vert qui finance les actions d’adaptation au changement climatique portées par les collectivités territoriales.

Dans l’immédiat, je demande que l’État prenne des décisions de sécurité civile harmonisées à l’échelle nationale, avec des consignes claires selon les niveaux de vigilance de Météo France par département.

De plus, le gouvernement doit faire le nécessaire pour que tous les lieux frais soient rendus accessibles gratuitement à la population. Leur cartographie doit être publiée par bassin de vie afin que les plus vulnérables puissent être mises à l’abri et que toutes les personnes qui habitent des logements bouilloires puissent passer deux à trois heures par jour dans un endroit frais, comme le prescrivent les recommandations de santé publique.

Delphine Batho, candidate à l’élection présidentielle

« Sur la canicule, le gouvernement n’a rien prévu, anticipé, préparé »

Dans un entretien à Mediapart, Delphine Batho dénonce le relativisme et l’amateurisme dont fait preuve le gouvernement en ne comprenant toujours pas que les enjeux écologiques et climatiques sont des enjeux de sécurité civile. Extraits :

« Sur le terrain, j’ai constaté beaucoup de confusion. Les gens cherchent à se débrouiller avec les moyens du bord. Cette impréparation est indigne de la République. »

« Ma demande immédiate, c’est que l’État donne des consignes de sécurité harmonisées au niveau national, en fonction d’un repère simple et clair pour tout le monde, à savoir le niveau de vigilance fixé par Météo-France. La deuxième c’est qu’il faut aussi que les gens puissent se reposer deux à trois heures par jour dans un endroit frais, c’est une question de santé vitale. Il faut qu’on puisse avoir une carte des lieux, publics ou privés, qui permettent de se rafraîchir pendant plusieurs heures : salles de repos dans les cinémas, les centres commerciaux, les églises… »

« À mes yeux, il est inimaginable, dans la situation de bouleversements écologiques que nous vivons, qu’il n’y ait pas un bulletin de vote pour porter ces causes en 2027. Mais l’histoire récente a montré qu’il n’y a pas de traduction politique mécanique de la multiplication des catastrophes ou des alertes scientifiques. Cela dépend de la capacité à construire une nouvelle écologie qui donne confiance et qui soit perçue comme crédible pour gouverner. Mais c’est un autre sujet. Là, j’ai une préoccupation opérationnelle : c’est le bazar créé par l’impréparation du gouvernement et l’urgence à agir.»

Report de la rencontre avec Delphine Batho et Paul Klotz

En raison de l’épisode de canicule, la conférence « La beauté et le sensible peuvent-ils être des projets politiques ? » avec Delphine Batho et Paul Klotz, initialement prévue ce mercredi, est reportée au mardi 7 juillet de 18h30 à 20h30.

Les bouleversements historiques actuels sont porteurs de ruptures dans l’expérience humaine. Pourtant, nos vies sensibles, notre rapport au vivant, notre besoin de beauté ne sont pas considérés comme des enjeux politiques. À l’occasion de la parution de leurs essais respectifs, Delphine Batho, La politique de la beauté. Une nouvelle écologie (L’Aube) et Paul Klotz, Contre la brutalisation de nos existences (Flammarion), croiseront leurs regards autour d’une même question : comment réinventer l’écologie et l’action publique ? Entre écologie de la beauté et politique du sensible, une conversation sur les sens, la nature, la santé et les conditions d’un nouveau projet de société. La rencontre sera animée par Arthur de Grave, membre de l’Observatoire Marques, imaginaires de consommation et politique.

 

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